L’encadrement des loyers, instauré par la loi Alur en 2014 et révisé par la loi Élan de 2018, vise à freiner la hausse des loyers dans les zones tendues. Alors que l’expérimentation se poursuit jusqu’en novembre 2026, son efficacité et ses impacts suscitent débats et recommandations pour l’avenir.
L’encadrement des loyers : un dispositif en mutation
L’encadrement des loyers en France a été introduit par la loi Alur en 2014 pour modérer la hausse des loyers dans les zones où l’offre de logements est inférieure à la demande. Ce dispositif a été transformé en expérimentation par la loi Élan de 2018, avec une fin prévue en novembre 2026.
L’objectif est de fixer des loyers de référence pour éviter des augmentations excessives. Chaque année, des arrêtés préfectoraux déterminent ces loyers par secteur géographique et type de logement, afin de rendre l’accès au logement plus équitable dans les zones tendues.
Quels sont les effets réels sur les loyers ?
L’encadrement des loyers a entraîné une baisse des loyers de 2 à 4 % hors Paris, atteignant environ 5 % après cinq semestres. Ce dispositif semble donc avoir un impact modéré mais croissant sur les prix du marché locatif.

Cependant, à Paris, bien que la baisse soit similaire, il est difficile de l’attribuer uniquement à l’encadrement des loyers. En effet, des facteurs externes, tels que la pandémie de Covid-19 et le départ de nombreux ménages de la capitale, ont également influencé le marché, rendant la causalité incertaine.
Des recommandations audacieuses pour l’avenir
Le rapport Chapelle-Fack propose plusieurs recommandations pour améliorer l’encadrement des loyers. Il suggère la création d’un répertoire national des loyers, permettant un suivi précis grâce à l’enregistrement obligatoire de chaque bail. Cette mesure vise à combler le déficit de données et à renforcer la transparence du marché locatif.
En outre, le rapport recommande de limiter le dispositif dans le temps et de le cibler sur les territoires où les locataires sont les plus modestes. Il préconise également de consolider les dispositifs existants pour modérer l’évolution des loyers entre deux baux, en assurant un meilleur suivi et une application stricte des règles.

